En décembre 2025, un groupe d’experts mandaté par la Commission interministérielle (CIM) Santé publique a présenté un rapport visant à réformer en profondeur le paysage hospitalier belge. Structuré et ambitieux, ce document met en lumière des constats largement partagés quant aux faiblesses actuelles du système de santé.
Parmi les principaux défis identifiés figurent la pénurie croissante de professionnels de santé, l’utilisation inappropriée des services d’urgence, la fragmentation persistante des soins, ainsi qu’une offre hospitalière à la fois excédentaire et mal répartie. À cela s’ajoute un manque de lisibilité et de contraintes dans l’organisation actuelle des réseaux hospitaliers.
La mesure phare proposée par le rapport pour pallier les faiblesses énoncées plus haut consiste en une réorganisation du paysage hospitalier autour de quatre types de structures :
Les Hôpitaux Généraux Régionaux (HGR)
Ils assureront des soins programmés et non programmés 24h/24 et 7j/7, avec un plateau médico-technique complet et un service d’urgence. Ils devront disposer d’au moins 150 lits et réaliser environ 600 accouchements par an.
Les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU)
Un CHU serait associé à chaque université, combinant les missions d’un hôpital régional avec des fonctions d’enseignement, de recherche et d’innovation.
Les Centres Médicaux Locaux (CML)
Ces structures seront dédiées à la chirurgie de jour programmée, aux consultations ambulatoires et à certaines activités spécifiques comme la dialyse « low care ». Elles devront obligatoirement être rattachées à un HGR ou à un CHU.
Les hôpitaux de soins intermédiaires
Ils auront pour mission d’assurer des soins de transition ou de réadaptation, afin d’aider les patients à retrouver leur autonomie après une hospitalisation.
Malgré la clarté et la cohérence globale du rapport, plusieurs questions importantes restent ouvertes. Parmi celles-ci figurent le financement des transferts interhospitaliers de patients, la mise en place d’un dossier médical partagé réellement efficace au sein des réseaux, ainsi que les modalités concrètes de mise en œuvre de la réforme.
Par ailleurs, toute transformation du paysage hospitalier devra impérativement s’accompagner d’une réflexion approfondie sur les conditions de travail et la qualité de vie des médecins hospitaliers. Cet enjeu est crucial pour améliorer l’attractivité de l’hôpital par rapport aux soins spécialisés ambulatoires.
D’autre part, cette réforme intervient dans un contexte de pression budgétaire, avec pour objectif d’améliorer l’efficience et l’allocation des ressources (humaines et matérielles). Si cet objectif est louable, il ne pourra se passer de parcours de soins clairs et d’une répartition précise des tâches, élaborés en collaboration avec les acteurs de terrain
Ces éléments posent les bases d’une réorganisation ambitieuse du système hospitalier belge. Sa réussite dépendra toutefois de sa capacité à concilier vision stratégique, faisabilité opérationnelle et adhésion des professionnels de la santé.
À suivre donc...