Alors qu'il est d'usage que le ministre de la santé envoie une lettre de mission pour définir les grandes orientations de la politique des soins de santé, cette année, aucune lettre n’a été adressée.
Nous pouvons nous en réjouir, dans la mesure où cette absence laisse davantage de place à la concertation entre les médecins et les mutualités. Elle offre ainsi l’occasion de réfléchir ensemble aux priorités d’investissement, mais aussi, à court terme, aux pistes d’économies envisageables.
En l’absence de lettre de mission, c’est le Comité de l’assurance de l’INAMI qui prend la main sur les discussions.
Ainsi, le 5 octobre 2026, le Comité de l’assurance de l’INAMI a approuvé une proposition de budget 2027 prévoyant environ 99,7 millions d'euros d'économies.
Les mutualités ont approuvé la proposition à l'unanimité et du côté des prestataires de soins, 17 voix ont voté pour, dont le Cartel (dont fait partie le MoDeS)
Nous devons privilégier une approche structurelle, fondée sur une vision à long terme. Il s’agit notamment de réduire les volumes de soins inutiles, de lutter contre le gaspillage et d’améliorer la pertinence des soins, tout en préservant leur qualité, leur accessibilité et leur continuité. L’objectif ne peut pas se limiter à réduire les dépenses à court terme : il doit être de garantir la soutenabilité de notre système de santé dans la durée.
Mais une question fondamentale doit également être posée : les économies demandées sont-elles réellement justifiées au regard des besoins de santé de la population ? Le financement actuel des soins de santé est-il suffisant si l’on tient compte du vieillissement de la population, de l’évolution des besoins et du coût croissant de l’innovation médicale et thérapeutique ?
Enfin, nous ne pourrons pas durablement maîtriser les dépenses de santé sans agir aussi sur les besoins eux-mêmes. Cela implique d’investir résolument dans la prévention, dont les effets les plus significatifs ne se feront sentir qu’à moyen et long terme, sur un horizon de cinq à dix ans. Cela suppose également de prendre pleinement en considération l’ensemble des déterminants de la santé : le logement, les conditions de travail, la qualité de l’environnement, la durabilité et la solidité du tissu social.
La maîtrise des dépenses de santé ne peut donc pas reposer uniquement sur des économies budgétaires. Elle exige une vision globale, des investissements ciblés et une véritable concertation entre les acteurs. Pour y parvenir, la concertation entre les médecins, les mutualités et les autres acteurs concernés sera essentielle, afin de faire émerger des solutions structurelles plutôt que de céder à la facilité de coupes budgétaires uniformes