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Réforme du paysage hospitalier | Les fondations sont posées

Le 24 juin 2026, la Conférence interministérielle Santé publique est parvenue à un consensus sur une proposition de principe visant à réformer en profondeur le paysage hospitalier belge pour la période 2026‑2036. Cette proposition s'appuie sur le rapport remis fin décembre 2025 par une commission d'experts indépendants, ainsi que sur les avis rendus par la suite par les entités fédérées et les instances consultatives concernées. Elle ne constitue pas encore une décision définitive, mais une base commune que les ministres vont maintenant porter devant leurs gouvernements respectifs, en vue d'une adoption arrêtée en septembre.

 

Le constat de départ est connu : le paysage hospitalier actuel colle mal aux besoins de soins d'aujourd'hui

Les prises en charge se complexifient, les maladies chroniques progressent, les hospitalisations classiques reculent au profit de l'hospitalisation de jour, et trop d'établissements cherchent à tout faire avec un personnel soignant qui, lui, ne suit pas.

La difficulté est particulièrement aiguë pour les services devant assurer une permanence continue, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Experts et ministres s'accordent sur un même objectif : concentrer l'expertise là où elle doit l'être, sans cela les patients risquent de se retrouver dans des services d'urgence où les compétences nécessaires font défaut.

Concrètement, la réforme distingue quatre types de sites hospitaliers (*), aux côtés des hôpitaux universitaires déjà existants : l'hôpital général régional (HGR), le centre hospitalier de jour (CHJ, qui reprend les missions initialement envisagées pour un centre médical local) et l'hôpital de soins intermédiaires (HSI). Chacun répond à des critères propres, notamment en nombre de lits pour les HGR, appelés à évoluer entre une première et une seconde phase de mise en œuvre, avec une évaluation intermédiaire prévue en 2031. Les ministres ont toutefois choisi d'assouplir certains seuils proposés par les experts, afin de préserver la proximité des soins dans les zones plus isolées ou rurales. Aucun site ne sera contraint à la fermeture : les établissements qui ne répondent pas aux critères devront se renforcer, fusionner, ou se reconvertir en centre hospitalier de jour ou en hôpital de soins intermédiaires.

Cette réforme du paysage hospitalier ne se pense pas isolément. Elle s'articule avec les chantiers en cours relatifs aux soins de première ligne, à la santé mentale, à l'aide médicale urgente, à la nomenclature des prestations et au financement des hôpitaux. Le travail, en somme, ne fait que commencer : cette proposition de principe fixe un cap pour les dix prochaines années, mais sa concrétisation dépendra de la concertation qui s'engage, notamment avec les représentants du personnel soignant.

 

Ces réformes vont dans la bonne direction

Il conviendra toutefois d'être particulièrement attentif à leur mise en œuvre dans un contexte budgétaire contraint. Elles devront se traduire par de véritables gains d'efficience, sans compromettre la qualité des soins. Elles devront également préserver, voire renforcer, l'attractivité des métiers hospitaliers, condition indispensable pour garantir un système de santé performant et durable

 

(*) cf. notre précédent article Actualités - Réforme du paysage hospitalier : une ambition nécessaire, mais encore des zones d’ombre


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